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    Analyse

    Baromètre TPE-PME T1 2026 & immatriculations SASU/SAS : la reprise est un mirage, le vrai signal est ailleurs

    Mickaël Fellous
    10 Juil 2026
    9 min de lecture

    Deux chiffres, un même diagnostic. Le CNOEC annonce +0,4 % de chiffre d'affaires TPE-PME au 1er trimestre 2026. L'observatoire des immatriculations SASU/SAS confirme un flux stable à ~25 000 sociétés créées chaque mois. Lus séparément, ces indicateurs racontent des histoires opposées. Lus ensemble, ils décrivent une économie française qui se recompose — et un rôle de l'expert-comptable qui doit se recomposer avec elle.

    En résumé

    • Activité TPE-PME au T1 2026 : +0,4 % de CA sur un an selon Image PME (CNOEC). En dessous de l'inflation → contraction réelle en volume.
    • Flux d'immatriculations : ~25 000 sociétés commerciales / mois, dont 55-60 % de SASU et 18-22 % de SAS.
    • Capital social : 45 % des SASU sont créées avec ≤ 100 € de capital. Le seuil « sérieux » se situe autour de 1 000 €.
    • Verticales dynamiques : conseil, numérique, e-commerce, BTP, immobilier (SCI), santé.
    • Lecture EM Partners : la reprise est un trompe-l'œil pour les TPE-PME installées, mais le pipeline de nouveaux dirigeants reste solide. Le vrai enjeu 2026 n'est pas la conjoncture, c'est l'accompagnement.

    1. Ce que dit vraiment le baromètre CNOEC

    Le Conseil national de l'Ordre des experts-comptables a publié fin juin les chiffres d'activité TPE-PME du 1er trimestre 2026 via son outil Image PME. Le chiffre communiqué — +0,4 % de chiffre d'affaires sur un an — a été relayé comme une « légère hausse ». La Revue Fiduciaire titre plus lucidement : « une hausse qui semble être un mirage ».

    Elle a raison, et il faut le dire clairement : +0,4 % de CA nominal sur un trimestre où l'inflation reste autour de 2 % en glissement annuel signifie que l'activité recule en volume de l'ordre de 1,5 point. Les TPE-PME françaises ne rebondissent pas ; elles compensent partiellement l'inflation en passant des hausses de prix, et encore, pas totalement.

    Le détail sectoriel dessine deux France :

    • Services aux entreprises, IT, santé, immobilier : croissance en valeur, souvent en volume aussi.
    • Commerce de détail physique, restauration hors des zones touristiques, artisanat du bâtiment sur le neuf : baisse persistante.

    C'est ce que nous observons chez nos clients depuis fin 2025 : la moyenne cache une polarisation forte entre des secteurs qui basculent vers du conseil et de la valeur ajoutée, et des secteurs de proximité qui subissent la contraction du pouvoir d'achat et la hausse des coûts fixes. Notre accompagnement mensuel est justement conçu pour lire ces signaux sur vos chiffres, pas sur une moyenne nationale.

    2. En parallèle, la France continue de créer 25 000 sociétés par mois

    C'est le second signal, moins commenté mais tout aussi structurant. Les séries INSEE, croisées avec les flux INPI et BODACC, montrent que la France immatricule entre 22 000 et 28 000 sociétés commerciales chaque mois, avec une saisonnalité stable (creux en août, pics en janvier et septembre). L'observatoire SASU/SAS d'Eligibly publié en juin 2026 propose la répartition suivante :

    • ~55-60 % de SASU — format dominant pour les primo-entrepreneurs solo.
    • ~18-22 % de SAS — projets à plusieurs associés, plus structurés.
    • ~12-15 % de SARL / EURL — en recul lent mais régulier.
    • ~5-8 % de SCI, SELARL et formes spécialisées.

    Le message est simple : la baisse d'activité des entreprises installées ne se traduit pas par un arrêt des créations. Au contraire, chaque trimestre difficile pousse une fraction supplémentaire de salariés qualifiés — cadres, consultants, développeurs, freelances — à créer leur propre structure. Souvent une SASU. Souvent avec le premier client déjà signé. Si vous êtes dans cette bascule, notre diagnostic gratuit en 2 minutes identifie la structure et l'accompagnement adaptés à votre projet.

    3. Le capital social, un signal à lire avec précaution

    Le capital social déclaré à l'immatriculation reste un indicateur grossier mais utile pour trier les projets sérieux :

    • ~45 % des SASU sont immatriculées avec ≤ 100 € de capital.
    • ~30 % entre 100 € et 1 000 €.
    • ~18 % entre 1 000 € et 10 000 €.
    • ~7 % au-dessus de 10 000 €.

    Le seuil empirique de sérieux se situe autour de 1 000 € : au-dessus, la probabilité que le projet soit financé, suivi par un expert-comptable et rentable au bout de 12 mois est nettement plus élevée.

    ⚠️ Attention : un capital faible n'est pas un signal d'échec. De nombreuses SASU de conseil ou de développement logiciel démarrent à 100 € et facturent plusieurs dizaines de milliers d'euros dès le premier trimestre. C'est le couple capital / chiffre d'affaires prévisionnel / mode de rémunération qui compte, pas le capital seul. Nos simulateurs de rémunération dirigeant et d'imposition permettent d'objectiver ces arbitrages en quelques minutes.

    4. Verticales : où se concentre la vraie création de valeur

    Toutes les créations n'ont pas la même trajectoire. La distribution par code NAF observée sur les 12 derniers mois révèle six familles à forte valeur pour un cabinet d'expertise comptable — et pour le dirigeant lui-même :

    VerticalePart du fluxEnjeux prioritaires
    Conseil aux entreprises (M70)~12 %Rémunération dirigeant, IS/IR, TVA sur prestations intra-UE
    IT & numérique (J62/J63)~9 %BSPCE, levées de fonds, CIR/CII, holding
    E-commerce (G47.91)~7 %TVA OSS/IOSS, marketplaces, stocks, DEB/DES
    BTP (F)~6 %Sous-traitance, autoliquidation TVA, retenues de garantie, sociaux complexes
    Immobilier — SCI (L68)~6 %IS vs IR, LMNP, transmission, pacte Dutreil
    Santé hors médecins (Q86/Q88)~5 %SELARL, IS/IR, patrimoine, holding animatrice

    Chacune de ces familles porte un besoin de conseil dès la première année. C'est là que se joue la différence entre un cabinet qui produit un bilan et un cabinet qui accompagne un dirigeant. Nos pages métiers par secteur détaillent les leviers spécifiques (SaaS, e-commerce, SCI, freelances, professions libérales, restaurateurs).

    5. Ce que ces deux signaux disent ensemble

    • Le stock d'entreprises souffre. Marges compressées, demande atone, coûts fixes élevés.
    • Le flux de nouveaux dirigeants reste solide. 25 000 sociétés par mois, dont la majorité en SASU/SAS, portées par des profils issus du salariat.
    • La polarisation s'accentue. D'un côté les secteurs à valeur ajoutée (conseil, tech, santé, immobilier patrimonial) qui absorbent l'inflation et créent de la croissance. De l'autre les secteurs de proximité qui subissent la contraction.

    Pour un dirigeant, la conséquence est directe : la conjoncture ne dit rien de votre trajectoire personnelle. Ce qui la détermine, c'est votre positionnement, votre modèle de rémunération, votre structure fiscale (SASU vs EURL, IS vs IR, régime social TNS vs assimilé salarié) et la qualité du pilotage financier mois après mois.

    6. Lecture EM Partners : reprise en trompe-l'œil, pipeline solide

    Nous voyons passer chez EM Partners des centaines de dossiers de création chaque année. Trois convictions se renforcent en 2026 :

    1. La moyenne cache les extrêmes. Le +0,4 % de CA TPE-PME est un chiffre agrégé qui n'a de sens ni pour un dirigeant, ni pour un cabinet. Ce qui compte, c'est votre trajectoire à vous, dans votre secteur, avec votre structure.
    2. Le bon moment pour se structurer, c'est avant. Les SASU créées avec un capital réaliste, une convention de compte courant claire, une stratégie de rémunération dirigeant pensée dès la première année, et un plan fiscal à 24 mois surperforment très largement celles qui ne se structurent qu'après un premier contrôle URSSAF.
    3. L'accompagnement fait la différence. L'IA et les logiciels (Pennylane, Qonto, Tiime) prennent en charge la production. Ce qui reste, et qui reste rare, c'est le conseil humain : arbitrages, simulations, pédagogie, signature engageante d'un expert-comptable inscrit à l'Ordre. C'est notre métier, c'est ce qui n'est ni externalisable ni remplaçable par un chatbot. Voir le détail de nos services et forfaits.

    7. Ce que nous recommandons concrètement aux dirigeants en 2026

    • Si vous créez une SASU ou une SAS : ne partez pas sur les modèles Word gratuits. Un mauvais capital, un mauvais objet social, une clause d'agrément absente ou un pacte d'associés bâclé se paient cher au premier tour de table ou à la première cession. Passez 1 h avec un expert-comptable avant de signer chez le greffe.
    • Si vous êtes déjà en activité : refaites tourner votre modèle en scénarios via nos simulateurs. La bascule SASU → SAS avec conjoint, l'arbitrage salaire / dividendes, la création d'une holding, l'option pour l'IR temporaire des SAS de moins de 5 ans, la LMNP au patrimoine perso, la SCI IS pour l'immobilier d'exploitation : autant de leviers dont le bon paramétrage change les revenus nets de plusieurs milliers d'euros par an.
    • Si vous n'avez pas de suivi mensuel : c'est la brique numéro 1 de notre accompagnement. Un baromètre CNOEC à +0,4 % ne vous dit rien. Un tableau de bord mensuel avec CA, marge, trésorerie, DSO, coûts fixes vs variables — ça, ça pilote.

    Nous avons construit EM Partners pour ça : combiner la puissance des outils modernes (Pennylane, IA, portail client, réponse sous 1 h) avec la responsabilité et le conseil d'un cabinet d'expertise comptable inscrit à l'Ordre. Deux signaux macroéconomiques ne remplaceront jamais un tableau de bord clair et un rendez-vous trimestriel avec votre expert-comptable.


    Sources & références

    1. Baromètre CNOEC — Image PME, 1er trimestre 2026 (Revue Fiduciaire, 24 juin 2026).
    2. Observatoire SASU/SAS — Eligibly (juin 2026).
    3. INSEE — Créations d'entreprises (séries mensuelles).
    4. INPI — Registre national des entreprises (RNE).
    5. BODACC — Annonces légales de création.
    6. Conseil national de l'Ordre des experts-comptables.

    Article publié le 10 juillet 2026 par Mickaël Fellous, expert-comptable diplômé inscrit à l'Ordre, fondateur d'EM Partners. Chiffres arrondis, moyennes glissantes sur 6 mois, susceptibles de varier de ±2 points d'une publication à l'autre.

    Cet article traite du cadre applicable. Pour le détail de la mission comptable, du périmètre de production et du tarif :

    Expert-comptable SASU — périmètre et tarif

    Questions fréquentes

    Que dit le baromètre CNOEC sur l'activité des TPE-PME au 1er trimestre 2026 ?

    Le Conseil national de l'Ordre des experts-comptables, via son outil Image PME, mesure une hausse de +0,4 % du chiffre d'affaires des TPE-PME françaises au 1er trimestre 2026 par rapport au 1er trimestre 2025. Une progression réelle mais très inférieure à l'inflation cumulée sur la période, ce qui traduit en volume une contraction de l'activité. La Revue Fiduciaire parle à juste titre d'un « mirage ».

    Combien de sociétés sont immatriculées chaque mois en France en 2026 ?

    Sur la base des séries INSEE et des flux INPI/BODACC, la France immatricule entre 22 000 et 28 000 sociétés commerciales par mois, soit environ 25 000 en moyenne. La saisonnalité reste stable : creux en août, pics en janvier et septembre. Les SASU représentent 55 à 60 % du flux, les SAS 18 à 22 %, les SARL/EURL 12 à 15 %, le reste étant partagé entre SCI, SELARL et formes spécialisées.

    Quel capital social les créateurs de SASU choisissent-ils en 2026 ?

    Selon les observations INPI/BODACC, environ 45 % des SASU sont immatriculées avec un capital ≤ 100 €, 30 % entre 100 et 1 000 €, 18 % entre 1 000 et 10 000 €, et seulement 7 % au-dessus de 10 000 €. Le capital reste un signal grossier mais utile : au-delà de 1 000 €, la probabilité que le projet soit réellement financé et suivi par un expert-comptable augmente sensiblement.

    Comment concilier baisse de l'activité et hausse des créations d'entreprises ?

    Ce n'est pas contradictoire. Les TPE-PME installées subissent une demande atone, des coûts qui restent élevés (énergie, salaires, financement) et des marges compressées. En parallèle, des dirigeants sortent du salariat pour créer leur SASU de conseil, d'e-commerce ou de tech — souvent avec un capital faible mais un carnet de clients pré-existant. Deux populations différentes, deux dynamiques opposées, un même besoin d'accompagnement structuré.

    Quels secteurs concentrent aujourd'hui les créations de SASU et SAS ?

    Le conseil aux entreprises (M70, ~12 % du flux), l'informatique et le numérique (J62/J63, ~9 %), le e-commerce (G47.91, ~7 %), la construction et le BTP (F, ~6 %), l'immobilier via SCI (L68, ~6 %) et la santé hors médecins (Q86/Q88, ~5 %) sont les verticales les plus dynamiques. Chacune a des enjeux fiscaux et sociaux propres (TVA marketplaces, retenues de garantie, IS/IR patrimonial, LMNP…) qui rendent l'accompagnement expert-comptable indispensable dès la première année.

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    Votre expert-comptable est à votre disposition pour répondre à vos questions.